La F1, Le Football, Cyclisme et plus encore : Comment Tudor conquiert le monde avec ses éditions spéciales

Formula 1, Coupe de l’America, cyclisme pro, football… Tudor multiplie les partenariats sportifs pour accroître sa visibilité auprès du grand public. Résultat : une avalanche de séries spéciales et limitées qui font tiquer certains puristes. La marque est-elle en train de se perdre en voulant séduire les masses ? Analyse d’une stratégie à double tranchant.

De l’ombre de Rolex aux feux de la rampe

Il y a encore 10 ans, Tudor évoluait dans l’ombre de Rolex, sa maison-mère. Certains qualifiaient même ses montres de « Rolex d’aéroport ». Puis en 2012, la Black Bay a propulsé la marque sur le devant de la scène horlogère. Aujourd’hui, Tudor assume sa nouvelle stature et multiplie les opérations marketing d’envergure :

  • Des éditions spéciales Black Bay et Pelagos pour les écuries de F1, les équipes de voile engagées dans la Coupe de l’America, le cyclisme pro…
  • Des séries limitées pour célébrer les victoires du club de foot de l’Inter Milan
  • Un chrono Black Bay rose en hommage à l’Inter Miami et son copropriétaire David Beckham, ambassadeur Tudor

Tudor est passée de la marque timide à la marque bavarde. Cette surenchère d’éditions spéciales ne risque-t-elle pas de lui faire perdre les amateurs qui ont construit son succès ? Ou est-ce une étape nécessaire pour conquérir un public bien plus large et lucratif ?

Des audiences colossales en ligne de mire

Les chiffres donnent le vertige. En 2022, la F1 a attiré une audience cumulée de 1,55 milliard de téléspectateurs. Lionel Messi, star de l’Inter Miami, compte 503 millions d’abonnés sur Instagram. Son coéquipier et boss David Beckham, 88 millions. Plus tard cette année, la 37e Coupe de l’America que disputera l’équipe Alinghi Red Bull sponsorisée par Tudor, vise le milliard de viewers dans le monde.

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Pour une marque, s’associer à des événements, équipes et personnalités vus par des millions de gens est une stratégie éprouvée pour accroître sa notoriété. Rolex le fait avec les événements sportifs les plus prestigieux. TAG Heuer, IWC et Hublot sont aussi très présents dans le sport. Mais pour Tudor, c’est un phénomène récent qui s’accélère à une vitesse folle, du foot à la F1 en passant par la voile et le cyclisme.

Des fans de la première heure désorientés

Cette avalanche de nouveautés « marketing » ne s’adresse pas vraiment aux Tudoristi, les aficionados qui ont porté la renaissance de la marque. Ceux qui ont cru en Tudor pour son image de qualité, de cool et de bon sens, contribuant ainsi à bâtir une assise solide. Aujourd’hui, l’heure n’est plus à consolider les bases, mais à convertir un public bien plus large que les seuls passionnés de montres.

C’est triste pour un puriste de voir une Tudor qu’il ne pourra pas acheter au poignet d’un pilote de F1. Cela heurte l’image « populaire » de la marque, fondée pour offrir une belle qualité à prix doux. Mais c’est une image dépassée. Grâce au succès inespéré de la Black Bay et à la pénurie des Rolex en acier, Tudor a changé de statut. Aujourd’hui, « Cendrillon » fréquente les stars pour vendre des montres au plus grand nombre.

Une recette éprouvée, mais risquée

En multipliant les partenariats sportifs et les opérations de masse, Tudor fait comme toutes les marques de luxe. C’est une stratégie éprouvée, mais à double tranchant. Certes, la base de fans inconditionnels risque de se détourner, lassée par les séries limitées marketing. Mais ce n’est pas grave aux yeux de Tudor qui mise sur la conquête d’une nouvelle clientèle bien plus importante.

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Pour autant, Tudor ne devrait pas renier son ADN et sa qualité légendaire. Ce serait perdant à long terme. Le défi est de réussir à garder ses aficionados historiques tout en séduisant le grand public. Un numéro d’équilibriste périlleux, comme le montre la réaction épidermique des puristes face aux éditions spéciales clinquantes.

Une chose est sûre : Tudor ne laisse plus personne indifférent, pour le meilleur ou pour le pire. Nul doute que la marque fera encore couler beaucoup d’encre avec ses futures éditions spéciales. Car elle semble bien décidée à occuper le devant de la scène, au prix d’une certaine forme de pureté originelle. Le revers de la médaille d’une success story horlogère hors du commun.

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